Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 17:47

A part le molokoi, il n’y a pas d’autres grosses randos balisées en Guyane. Ca fait longtemps qu’on cogite avec les colocs de se faire notre propre expédition, évidemment ça demande pas mal de préparations : dans quel endroit, quel itinéraire, combien de km en combien de temps, quel matos amener et s’entrainer physiquement. On a donc choisi ça sera entre la route nationale et le barrage de petit-saut, ici on ne pourra pas se perdre, on est dans un « triangle» délimité par la RN, la route de petit-saut et le fleuve Sinnamary. C’est bien pour commencer. On prévu de le faire sur 3 jours avec environ 5 km par jour. On part de la RN pour arriver au PK15 de la route de vers le barrage. Pour le matos à prendre on a feuilleté le guide « vie et survie en milieu tropical » (par Philippe Gilabert, très bon ouvrage que je recommande) que Dodo a eu pour Noel. Le minimum à avoir pour ce genre d’expédition : boussole, GPS, machette, hamac, moustiquaire, bâche, un kilo de couac (semoule de manioc brésilienne qui « bourre » le ventre), trousse à pharmacie, purificateur d’eau, des allume-feux, une tenue de marche et une tenue de nuit, et s’il reste un peu de place un peu de bouffe. Finalement, Greg s’est désisté, d’autres gens étaient motivés mais en choisir un ou deux aurait créé des histoires, donc nous sommes parti qu’à 2 avec Dodo. D’ailleurs, on s’est rendu compte que partir à 2 n’est pas sécuritaire en cas de soucis (le mieux c’est à quatre car il ne faut jamais laisser quelqu’un seul en forêt). On a laissé notre itinéraire aux autres colocs, en leur disant de ne pas s’inquiéter si on ne revenait pas au bout de 3 jours, mais qu’ils pouvaient au bout de 4.

Samedi matin, debout 7 heure, Louise nous amène gentillement à notre point de départ en voiture. On arrive sur place, on grimpe le talus au bord de la route et c’est parti, 3 jours dans l’enfer vert ! Première chose à faire, prendre un point GPS pour s’orienter par rapport aux points pris sur la carte auparavant. Ouchh…les coordonnées ne sont pas le même (on aurait du vérifier avant). On laisse tomber le GPS, on se guide à la boussole. Et pour ne pas se perdre on maintiendra un cap par jour (W le 1er jour, SW le 2ème et SE le troisième, pour faire une sorte de boucle). Déjà, dès le début on savait qu’on allait en chier, la mâchette à la main on coupe devant nous, on se créé un chemin dans se milieu dense, on monte, on descent, rarement du plat. 1h, 2h de marche la pause s’impose. On est déjà trempé de sueur, une barre de céréale, de la flotte et une clope et s’est reparti. Généralement on faisait une petite pause toute les heures ! Ca peut paraitre énorme, mais il n’en est rien. On traverse de la forêt secondaire (végétation basse, la plus casse-couille pour progresser), de la forêt primaire avec ses gros arbres (on en a vu de magnifique), des marécages (eux sans trop de difficulté, si ça ne dérange pas de marcher dans la boue et de l’eau). Bref, on ne savait pas trop le type de milieu que l’on allait traversés car personne ne pouvait nous renseigner là-dessus (d’après les dire, 20 ans que personne n’a été dans ce coin), mais notre carte pouvait nous renseigner sur les cours d’eau et les collines. Les cours d’eau, RDV essentiel pour remplir les bouteilles et pour se décrasser, lieu quasi-obligatoire pour l’aménagement d’un bivouac. Le premier soir on a trouvé facilement un endroit parfait pour la nuit. Au milieu des sinuosités d’une rivière qui doit être grosse en saison des pluies, on débroussaille où on veut mettre nos hamacs, on faisant bien attention de ne pas se trouver à proximité de bois morts sur pied  (la chute d’arbres est la première cause de mortalité en forêt. D’ailleurs, Dodo a évité de peu de se prendre une branche tombante sur la tête, il a fait un sprint de fou quand il a entendu la branche casser), de fourmilières ou de nids de guêpes. On pause nos hamacs, on se lave et nos fringue avec, on allume le feu et enfin c’est l’heure de l’apéro (hé oui ne jamais oublier le rhum, en plus ça sert de désinfectant). Dodo nous fabrique des sortes de broches pour cuire nos saucisses qu’on avait amenées pour le premier soir. Ca fait du bien de reprendre des forces. La nuit tombe vite en forêt et avec la fatigue à 21h on est couché, bercé par les doux bruits de la forêt ou pas (les babounes = singes-hurleurs nous ont montré qu’ils étaient présents, et ils portent bien leur nom). On se réveille avec le soleil le matin, on range, on nettoie et s’est reparti pour une dure journée. La deuxième journée a été la plus dure, on ne s’attendait pas à autant de dénivelé ni à autant de distance pour trouver une autre crique pour passer la nuit (qu’on n’a pas trouvé d’ailleurs). On a donc dormi dans une pente, avec un petit ruisseau en bas (lavage à la casserole). Epuisé, on va se coucher encore plus tôt que le premier jour, il n’est même pas 20h. Le lendemain, on espère arriver mais on ne sait pas où on est par rapport à la carte. On aurait pu suivre des cours d’eau pour trouver une rivière (point de repère facile), mais le plus judicieux consistait à maintenir notre cap. Finalement, on arrive sur la route vers 13h30 le lundi. Hourahh !! Putain on était content de la trouver celle-là, on crie, on se félicite sous l’effet de la grosse fatigue physique et morale. Une voiture d’EDF nous prend en stop (on a eu beaucoup de chance car sur cette route quasi personne ne circule, il n’y a que le labo Hydreco et le barrage EDF. On rentre sur Kourou complètement HS mais heureux de ce qu’on a fait.

On retient de cette expédition la diversité des milieux traversés, les épines d’Astrocarium, pleins de chablis, les putains de lianes qui s’accrochent au sac ou qui se prennent dans les pattes (à la fin ça énerve vraiment !), les tiques enlevés par quinzaine, le dénivelé (des fois on était limite de monter à quatre pattes), du dimanche soir à notre arrivée de la pluie non-stop (des dizaines de chutes, on a même eu froid !!!). On a franchi quelques obstacles à la Indiana Jones, on a fait de la poutre sur les troncs avec des fossés parfois de 3 mètres en dessus, d’autres fois on s’aidait de la végétation pour s’agripper et ne pas tomber dans de fortes pentes… Un vrai parcours du combattant ! Malheureusement, on n’a pas eu le temps de prospecter pour voir les bestioles, de pêcher, on n’avançait même pas à 1 km/h  (on marchait 6 heures par jours en moyenne). On n’a pas trouvé de serpents, ils se mangent tous, on aurait voulu y gouter (ça ne peut être que meilleur que le couac-sardine), ça sera pour une prochaine fois où on se prendra plus de temps pour nous (moins de distance à parcourir). Nous (n’) avons vu (que) des tamarins traverser des arbres de branches en branches, une sorte d’oiseau magnifique vert-bleu avec 2 énormes plumes sur la queue se terminant par une sorte de boule (à déterminer), un groupe de Hoccos (gros dindons de la forêt) et sinon pas grand-chose.

Je ne conseille ce genre de trip qu’à des gens en bonnes conditions physiques et avec un moral de fer. On a fini avec les jambes lourdes et les bras aussi à cause du coupe-coupe (des marques de brûlure sont encore visibles au niveau des aisselles avec les frottements du sac), avec de petites blessures dues aux lianes-rasoirs, aux guêpes et aux fourmis (dans un bas-fond j’ai étais obligé d’enlever mon pantalon car des fourmis commençaient à m’attaquer les pattes). Je retiens que je n’aurais jamais cru que c’était si facile de se perdre en forêt, il fallait prendre sur soi et ne pas désespérer, ce qu’on a su faire.

Finalement, on ne sait pas trop où on a été, mais on y est revenu, plus que motivé pour remettre ça prochainement dans un autre endroit (vers Kaw ou Cacao ça serait terrible) tellement ça nous a plu.


Un petit vidéo-photo-montage réalisé avec le peu d'éléments pris durant cette expé:


Par wilou
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 16:28

Les bonnes résolutions de l’année : arrêter de fumer et faire plus de sport. Je n’ai pas réussir à tenir pour la première (j’ai quand même réduis ma consommation. Par contre je me suis remis au footing et ça m’a motivé pour faire le marathon de l’espace à Kourou, Par équipe, je vous rassure… La notre était constituée de Dodo, Thomas, Fanny, Lulu et moi. On a couru avec nos beaux maillots brésiliens et sous le nom des BLOCO CROCODILOS. EcoFoG nous a financé nous et 2 autres équipes, bien cool.

Notre équipe a eu le droit à une petite description publiée sur le journal du marathon : « ces chercheurs fous de l’environnement  ont l’habitude des conditions physiques  et précaires de la forêt guyanaise, alors pour eux le marathon sur la route du centre spatiale ne sera qu’une promenade de santé ! ….». Il n’en était rien. 96/116 (alors qu’on faisait parti des favoris, d’après eux..) en 4h. Les quatre premiers relais faisaient entre 8 et 8,6 Km, 6 km pour le dernier + 2 km toute l’équipe réunie pour l’arrivée. J’ai fait le quatrième, le plus difficile d’après les gens, car face au vent sur une grande ligne droite de 8,6 km. (fait en 41 minutes, pas d'accélération sur la fin car 30 minutes après il fallait recourir 2km). Il faisait super chaud, les ravitaillements ne proposaient que de l’eau et des carrés du sucre (sympa pour ceux qui n’ont pas eu le temps de déjeuner…). Super ambiance, content de l’avoir fait sans trop souffrir. L’after-marathon était super : barbeuc chez Lulu et piscine chez Fanny.

 On commence à s’entrainer maintenant pour un semi-marathon (individuel bien sûr) prévu pour début juin, ça nous laisse un peu de temps.







Lulu au départ



























Fanny, 2ème relais




















Thomas, 3ème relais





















4ème relais
































Dodo, 5ème relais



























Avant la course et le ventre vide (pas bien !!!)






























les crocodileuses

















 

 

 

 

Une autre équipe de l'UMR imitant ici un chabli (chute d'arbre) avec Nolwenn, Ervan, Marion, Bernard (notre grand chef) et Béné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


On remettra ça l'année prochaine, avec un peu plus d'entrainement..

Par wilou
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 23:17

J7 à J9 : Marajo

Jusqu’à présent, on a pratiquement eu que du beau temps (hormis à Santana). A partir du milieu de la traversée, la pluie a commencé à arriver. On nous avait prévenu qu’ici, entre l’océan atlantique et l’amazone, il pleut quasi tous les jours (surtout qu’on était en pleine saison des pluies !).Ce temps nous a donc pas choqué, mais par contre on a été surpris (et tous les passagers aussi d’ailleurs) par l’enlisement du bateau dans un banc de vase juste avant d’arriver sur l’île ! Il a fallu une heure pour se décoincer et détourner ce bourbier.

A peine descendu du bateau, pour ne pas changer de d’habitude, des gens criaient pour que l’on monte à bord de leur camionnette pour nous amener un peu partout (enfin les quelques villes présentes sur l’île). On a opté pour Joanés pour commencer où on passera 2 nuits dans une petite pusada bien tranquille. Ici, on a eu que de la pluie, mais ça ne nous a pas empêché de nous balader (par contre pour les plages c’était un peu plus chiant). Pour la première fois, on a goûté à la viande et au fromage de buffle, un délice !!! Dès que l’on pouvait, ça faisait parti de ne repas.

Le vendredi, debout 5h pour rejoindre Soure, la plus grande ville de l’île. Ici, et c’est valable pour toute l’île, il n’y a quasiment pas de voitures, mais pleins de buffles qui se baladent librement dans les rue ! Il y’a de toute façon plus de buffle et de zébus que d’habitants. Vive la campagne, du bonheur. Il parait même que la police fait sa ronde à dos de buffles ! Nous avons logé dans un magnifique ranch avec plusieurs milliers d’hectares de terrain, entouré de marais avec pleins d’animaux (surtout d’oiseaux, pour le bonheur de Thomas, l’ornitho du groupe, mais pour nous tous aussi). Les proprios, les chambres et le service étaient vraiment classe. On a eu le droit à une balade en pirogue dans les marais, et en forêt inondées où les palétuviers foisonnent, puis on a fait une balade à pied sur de magnifiques plages désertes où l’amazone remplace la mer à s’y confondre (un petit bain nous a rafraîchi). Sous un soleil de plomb, la première fois depuis le début du séjour, on est ensuite rentré au ranch en charrette traquetée par un pauvre buffle. A ce moment là, on avait honte de faire nos touristes. Puis avec Greg et Thomas, on est parti sur leur propriété à la recherche de faune, pas mal d’oiseaux aperçus. Une sacrée journée !

Les soirs se suivent et se ressemblent plus ou mois ici : apéros prolongé et bouffent au resto, on est en vacances et avec la vie pas trop cher, on se fait plaisir.

Le lendemain, après une très bonne nuit de sommeil et un bon petit déj copieux, les filles sont parties faire du cheval du ranch jusqu’à la plage, elles ont bien fikkées.

A midi, direction Salvatera. Il n’y avait pas d’autre moyen de transport que les motos-taxis. Après négociation, une pirogue a bien voulu nous y amener, cool ! On avait l’impression d’arriver dans une ville fantôme, c’était l’heure de la sieste. On a trouvé un hôtel avec un rapport qualité-prix imbattable par un papy à l’allure mafieuse. Une fois les affaires posées, on s’est dirigé vers la plus grande plage de l’île pour y boire un coup, se baigner et se promener le long de celle-ci jusqu’à atteindre une mangrove où on a pu assister à un combat de buffle. Sur le retour, on a fait la connaissance de Jean, un jeune prof de biologie brésilien. Lui et ses potes nous ont rejoins au resto le soir pour manger et surtout boire. La moitié du groupe a fini le reste de la nuit sur la plage, où certains ont pu améliorer leur langue brésilienne (Thomas et Fanny, pour ne pas les citer).

Dimanche matin, pour la dernière journée à Marajo, debout de bonheur pour en profiter un maximum. Il faisait chaud, très chaud, donc direction la plage.

Entre 2 baignades, un petit footing sur la plage a fait grand bien pour tenter d’éliminer le surplus de bouffe, d’alcool et de clopes lors de ce séjour (et ça fait un entrainement de plus pour le marathon de Kourou, par équipe je vous rassure).

Midi, il fallait repartir pour Belem (grrhh pas content..). J’ai perdu les clefs de la chambre en me baignant. J’ai donc du essayer d’expliquer cela au « Parrain de la ville » en évitant de me faire couper un doigt (non, je rigole, il est adorable). Il a du défoncer la serrure (déjà en mauvaise état) à coup de tournevis car il n’avait pas de double. Les 3 heures de bateau pour le retour m’ont donné l’occasion de lire quelques publis (halalaa la vie de thésard…). Arrivée à Belem, on s’est trouvé une sorte d’auberge de jeunesse très bon marché (= pas génial du tout), mais pas grave, ce n’était pas la première fois et c’était la dernière nuit.

 

J10 : the end

Matinée sur Belem consacrée au shopping. Evidemment, au bout d’une heure, j’en avais déjà marre. J’ai seulement acheté 2 paires de tongs et des cordes de guitare. Dans cette sorte d’hôtel, on a fait la connaissance de 2 françaises instits à Maripasoula avec qui en a rejoint l’aéroport via les bus de Belem (très physique, vu leur conduite brusque et avec nos sacs sur le dos). Un autre français aurait du venir avec nous, malheureusement, il s’était fait braqué la veille, donc plus aucun papiers d’identité. Après une bouffe dégueu, on a embarqué à 16h. Il nous a fallu 2 heures pour rejoindre Cayenne où Dodo nous attendait, et c’était reparti pour la routine de la vie active…

 

Voilà, les vacances sont finies. Très bon séjour !

On reprendra le taf le lendemain matin, encore fatigué de ces vacances, mais ça fait trop de bien.

 

Joanès plage


des buffles dans la "ville"


même les urubus sont très croyants


une autre église


des habitations en campagne


en marche à la recherche d'un ranch à Souré


petit repos bien mérité en bonne compagnie


marais et forêt inondées


ils sont vraiment partout ceux-là !


forêt de palétuviers


notre piroguier qui rentre


magnifiques plages


dire que ce n'est même pas de la mer...


les bronzés boivent leurs coconuts


les bronzés font du buffle


paysage rencontré sur la propriété du ranch où on logait


des chevaux, des buffles, des zébus, on peut croire qu'il sont en liberté vu le terrain immense (des milliers d'hectares)


juste pour le trip


Souré


direction Salvaterra


ville fantôme la journée

 


la plus grande plage de Salvaterra pour un petit bain dans l'Amazone




A retenir de ces vacances :

-La gentillesse des brésiliens qu’on a rencontrés

-La traversée de l’Amazone en bateau brésilien, avec la découverte de ses nombreuses îles, de ses petits villages et de son couché de soleil

-Le carnaval brésilien

-L’ambiance zen de l’île de Marajo avec ses belles plages et ses nombreux marais

-L’apprentissage des insultes en portuguais comme «sperm », « poil de pubis », ou « scrotum »

-Les ravages de Lucile au près des brésiliens, et ces « leucites in the sky» (pour les connaisseurs)

-Les caïpis et la viande de buffle

-La musique brésilienne avec leurs petits gosses qui chantent

-La théorie de la chasse d’eau selon l’hémisphère (de ce que j’ai vu, ça marche bien !)

-Les brochettes de pépé fromage avec son barbeuk portable, et la mamie gueulette du marché de Belem

-Les églises et les terrains de foot qui sont partout

 

Dire qu'on a fait qu'une infime partie de ce pays, hâte de voir d'autres régions...


Merci à Louise et Thomas pour les photos, et à tous pour ce trip entre potes



Par wilou
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 23:00

J3-J4 : La traversée de l’Amazone.

Réveil difficile à 8h (même trop difficile pour Greg !), la pluie nous a aidé à nous réveiller une fois dehors. Après quelques ravitaillements, direction l’espèce de port où notre bateau nous attendait (par la suite c’est nous qui l’avons attendu, longtemps..). Il fallait mieux arriver dans les premiers pour être sûr de pouvoir poser nos hamacs ensemble. C’étai du collé-serré sur les deux étages de ce rafiot très charmant, tout en bois.

La traversée du plus gros fleuve du monde environ 200 km de large à son embouchure, 38h de traversée au milieu de milliers d’îles recouvertes d’une forêt intacte. De temps à autre, quelques petits village bien typiques, les pieds dans l’eau, vivant de chasse, de pêche et de coupe de bois. Quelques gamins, des fois d’à peine 5 ans, ramaient comme des cinglés à bord de leurs petites pirogues, espérant pouvoir s’accrocher à notre bateau (ça leur fait une occupation). Egalement, on a aperçu pas mal de scieries et de nombreuses églises (au moins une dans chaque petit village). On a eu de la chance, il a fait beau durant ce voyage, pourtant en pleine saison des pluies. On a pu profiter des paysages, du soleil et du magnifique crépuscule, beau spectacle !

Lors du voyage, on a pu faire la connaissance de personnes se trouvant à bord, notamment José, Celshu alias « professeur tournesol » et Elisech que l’on retrouvera tous les 3 dans la suite de notre aventure (je ne suis pas sûr de l’orthographe des prénoms). Le capitaine était également bien cool, nous ayant proposé de mettre nos bières dans son frigo. Malgré cela, les conversations restèrent bien limitées étant donné que l’on ne comprend pas grand chose en portugais.

La bouffe était comprise et c’était conviviale de se retrouver autour d’une petite table, les personnes se relayant à tour de rôle pour manger. La nuit a été bonne pour tout le monde, nos hamacs était bercés par les petites vagues du fleuve.

Le lendemain, une surprise nous attendait. Notre bateau s’est arrêté alors que l’on n’était pas encore arrivé à destination de Belem. Personne ne nous avait prévenus, ce sont les aléas du voyage. Les autres semblaient au courant, il y’a une halte de 3h avant de reprendre un autre bateau. On était à Brévès, une ville isolée sur l’île de Marajo. On a pu visiter un peu, les gens nous mataient tout le temps, ils ne devaient pas avoir l’habitude de voir des touristes ici. Des bonnes âmes locales nous ont prévenus de bien faire attention à nous et nos affaires, en même temps c’est vrai qu’on est au Brésil.

Notre deuxième bateau avait beaucoup moins la classe que notre embarcation précédente, c’était une sorte de paquebot, où tout un tas de hamacs s’entremêlaient. On a retrouvé nos amis José, Tournesol et Elisech à bord. Ils s’étaient bien occupés de nous durant la première partie de la traversée, on leur a donc proposé de passer la soirée avec nous, ils acceptèrent avec plaisir et c’était réciproque. Quelle bonne soirée sur le pond supérieur, en pleine air, à boire des coups, parler et rigoler sur l’Amazone. Elisech, une vendeuse de bracelets ambulante, nous a offert à chacun une de ses confections et ça nous a vraiment touché, quelle gentillesse !

Il faut toujours avoir une Lulu avec soit. Lucile ayant, encore, fait des ravages sur ce bateau. Le barman a bien compris qu’elle voulait une caipi (sacrée Lulu !) et il était près à faire arrêter le bateau pour acheter de la cachaça (ingrédient nécessaire pour ce cocktail brésilien), même s’il y’avait une centaine de passagers à bord ! Finalement Lulu a insisté pour lui dire que ce n’était pas la peine, on était près à aller se coucher. Sur ce bateau, personne n’a bien dormi ; dès que quelqu’un bougeait, ça faisait bouger le hamac du voisin et ainsi de suite, en plus des lampes allumées toute la nuit à 1 mètre au dessus de nous.

 

J6 :

6h du mat, on arrive à Belem, capitale de l’Etat du Parà, avec ses buildings et ses millions d’habitants. Grrhh Je n’aime pas ça… La plupart des gens nous regardaient bizarrement, on était pour eux des touristes avec de l’argent, peut être pas faux… D’ailleurs en même pas quelques heures, quelqu’un a essayé de faire le sac de Lulu. On était au courant, il faut être vigilent.

Il nous fallait attendre l’après-midi pour atteindre la destination finale de nos vacances : l’île de Marajo. Oui, celle où on a déjà fait escale, mais comme je disais, la ville précédente était éloignée de tout (pas de forêts, pas de campagnes, pas de plages). En attendant, on a eu le temps de faire le marché et visiter le port de pêche, c’est assez surprenant ! On a hésité à visiter la vieille ville mais tout le monde le déconseille avec les sacs sur le dos, on a donc abandonné cette idée. Après une bouffe sur le marché, c’était l’heure de rejoindre les quais pour une traversée de 4h vers la plus grande île d’estuaire du monde (la superficie de la Suisse).


Santana, le matin du départ de la traversée, suis la pluie


1er coucher de soleil

 


tout le monde en admiration


magnifique crépuscule


l'embouchure de l'amazone, avec ses nombreuses îles


petits villages, tout en bois évidemment


36h de traversé, y'avait quand même du temps pour travailler un peu...



Notre 1er bateau, charmant


Brevès, on était les seuls touristes, et ça se ressentait...


2ème bateau, de Brevès à Belem, les "chambres" étaient pleines !


Brevès


2ème coucher de soleil


Petite fête avec des amis brésiliens


Marché de Belem



marché aux poissons


port de pêche, pas facile pour manoeuvrer!! un beau bordel


Belem, une mégalopole en pleine Amazonie


Par wilou
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 22:48

1ère vacances depuis le début de ma thèse, je suis accompagné par Greg, Louise, Thomas, Fanny et Lulu. Dodo aurait du nous suivre dans cette aventure, malheureusement il a fait tombé ses lunettes dans un fleuve lors d’une de ses missions terrain (impossible d’en retrouver avant la date du départ). Zac, un ami québéquois, aurait lui aussi voulu être de la partie, mais un manque de Visa pour le Brésil l’a obligé à renoncer.

 

Jour  1 :

Réveil  à 5h du mat à Kourou après seulement une petite heure de sommeil (due à la crémaillère de Pierre et d’une autre Fanny), heureusement que Greg s’était porté volontaire pour conduire. On a pris nos voiture pour aller jusqu’à Cayenne où un taxi collectif que l’on avait réservé nous attendait. Il nous amènera jusqu’à St Georges à une vitesse folle, j’étais mal, à deux doigts de vomir après la dure soirée de la veille. A destination, un tas de brésiliens se sont rués vers nous pour nous faire traverser le fleuve Oyapoque. Il fallait bien en choisir un, on a opté pour un mec qui nous a filé un tuyau pour la suite de l’aventure.

10h, nous sommes arrivé sur les terres brésiliennes ; Oyapoqué (déjà dépaysant). Tout d’abord, on a voulu régler au plus vite le plus chiant, c’est-à-dire se déclarer au près de la police brésilienne. De vrais cowboys, avec leur gilet pare-balles et leur mitraillette à la main. Lulu avait déjà fait un séjour au Brésil auparavant et elle avait oublié de déclarer sa sortie (on ne peut y resté que 90 jours). Elle a eu de la chance que les flics n’ont pas bien observé son passeport. Avant de continuer notre route, une bonne bouffe dans un resto que Greg avait déjà testé. Comme plat de résistance, y’avait ma viande préférée ; une côte de bœuf pour quelques euros, délicieux…

13h : Prochaine étape ; rejoindre Macapa, ville juste sous l’équateur. Pour ça, deux possibilités : le bus (une quinzaine d’heures) ou le 4X4 (environ 8h). On a opté pour cette dernière solution (le piroguier nous ayant donné le contact d’un de ses amis). 7 dans 1 voiture pendant tout ce temps (2 sur le siège passager, 4 à l’arrière + le chauffeur Adriano), je vous laisse imaginer… Pendant quasiment la moitié du trajet, ce n’était pas de la route, mais de la piste en plus ou moins bonne état au milieu d’une magnifique forêt. De temps à autre, des pauses pour changer de positions et reprendre des forces avec la bière brésilienne achetée dans les quelques petits villages qu’on a traversés (et pour les vomitos de Fanny ^^).

On arrive à Macapa (capitale de l’Etat de l’Amapa) vers 23h, complètement fatigués par le transport les uns sur les autres et le manque de sommeil. Adriano nous déposa devant un hôtel considéré comme « pas trop mal », et bien rien à voir avec les « pas trop mal » de chez nous, avec des tâches partout sur les murs, pas de draps, mauvaises odeurs, des puces dans les lits… C’était un hôtel de passe, on est au Brésil, il ne faut pas être difficile.

 

Jour 2 :

Levé vers 10h, en guise de petit dej 1 coxhina (j’appelle ça une boule poulet, bouffe typique d’ici et c’est bon) et un milk-shake d’un petit boui-boui en bas de l’hôtel.

Prochaine mission, retirer du fric. On n’a pu avoir tous les « reais » que nous voulions, on fera avec.

Midi : bouffe dans le marché couvert, c’était une sorte de pot-au-feu du coin. On s’est baladé dans un fort et sur le port l’après-midi.

17h : On a pris un bus pour Santana, point de départ pour la traversée de l’Amazone. Une fois sur place, on s’est dirigé vers le port pour réserver notre bateau du lendemain. Encore un fois, pas besoin d’attendre, on se jette sur nous. Greg et Thomas se sont occupés des négociations. OK allons y pour 115 reais (pour infos : 10 reais = 2,7 euros), le prix comprend la traversée du fleuve sur 2 jours  + une nuit d’hôtel pour ce soir. C’était un hôtel encore plus glauque que la veille, avec  des chambres sans fenêtres avec de la moisissure partout. Pas grave, on sera dans un état où on s’en foutera d’y dormir car ce soir, c’est CARNAVAL !

19h : Apéro dans un bar à l’abri de la pluie. Après une dizaine de litres de bière (ici les bières ne sont pas très bonne, un peu de la flotte, je cite « nova schin », « cerpa », « scholl » entre autre), et quelques parties de billard, il fallait se diriger vers le centre, où les festivités commençaient. De la foule, beaucoup de foule comme un bon carnaval brésilien. Y’a pas à dire, ici, ils savent mettre l’ambiance. La musique à fond dans les rues, les caïpirinhas et les bières coulent à flot. Les gens dansaient et étaient même content de voir des touristes blancs tripper avec eux (je crois qu’on était les seul touristes dans ce petit bout du monde). Le carnaval brésilien se vit plus que ne se raconte. On n’était pas au courant de toutes les coutumes d’ici. D’abord, tout le monde a un t-shirt carnaval, ou plutôt un maillot. Il y’en avait pleins de différents, que l’on pouvait acheter à des vendeurs ambulants. On a opté pour les maillots jaunes du « Bloco Crocodilo ». Ce qu’on n’avait pas compris, ce qu’on aurait du voir et ce qu’on nous a essayé de nous expliquer c’est que chaque bloco (bloco = team, il faut faire parti d’une sorte d’équipe ici) devait rester grouper et bouger ensemble vers les différents murs de son (ici, ce sont des semi-remorques !). On a capté le truc au dernier moment, lors des vidés (les camions partent et les gens le suivent en dansant, ça annonce la fin). Comme on n’avait pas compris, on s’intégrait au hasard dans les vidés et on se faisait virer par des vigiles quand on essayait de se fondre dans la masse. Evidemment, le camion des « crocodilos » était l’un des premiers à partir, on a donc raté notre vidé. Pas grave, on est resté dans une rue, danser une grande partie de la nuit. Les locaux trippaient avec nous, la population était jeune, en moyenne notre âge. On est rentré quand on sentait que la fin arrivait, des bagarres commençaient aussi à éclater. On est rentré à l’hôtel pour finir la courte nuit qui nous restait. A noter, un élément assez perturbant lors de ce carnaval : une gamine d’environ 6 ans nous a suivi quasi tout le temps, elle voulait rester avec nous, elle se disait sans parents, sans logement, c’est dur mais on était obliger de ne rien faire.




















Juste pour se repérer




traversée de l'Oyapoque


1er pas au Brésil


traversée de l'Amapa en 4x4 en pleine forêt


le fort de Macapa


Rue de Macapa


apéro à Santana



Désolé, pas de photos du carnaval (pas pris les appareils)


Par wilou
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